extract from "Les Echos", 2009/02/11

by Paul Molga

Watteco éduque ses puces à économiser l'énergie

En utilisant le réseau électrique comme une télécommande, la start-up veut piloter à distance tous les appareils branchés dans les prises de courant. Objectif : une économie de 20 % des dépenses énergétiques.

Pendant le premier grand choc pétrolier, la France avait promis de réduire sa facture énergétique en sacrifiant le confort de l'habitat : pas plus de 18 degrés, recommandaient les conseillers en bonnes idées. En présentant sa technologie WPC aux fabricants d'équipements électriques, la jeune société Watteco espère faire mieux : réduire d'au moins 20 % les dépenses de consommation électrique sans rogner sur le bien-être.

Le concept de Watt Pulse Communication (WPC), protégé par trois brevets mondiaux, est hérité des travaux de recherche militaires sur le traitement de signal menés par les fondateurs de l'entreprise à la DCN de Toulon. En appliquant au réseau électrique leurs connaissances sur la signature des sous-marins, les deux ingénieurs ont compris comment dialoguer à distance avec les équipements connectés : une fois branché, chaque appareil provoque des impulsions que l'on peut écouter comme ceux produits par des navires. Les spécialistes dressent alors le profil de la consommation d'un foyer. « En retour, on communique avec ces appareils par courant porteur en ligne [CPL, NDLR] en émettant vers eux des impulsions qui sont identifiées comme des commandes », précise le président de l'entreprise, Eric Berthaud.

A haut débit, cette technologie permet déjà aux fournisseurs d'accès Internet de faire passer la vidéo par le cuivre. « Avec une connexion très bas débit (10 kbits/seconde), on peut faire de même pour contrôler le chauffage, l'éclairage, le téléviseur et tous les appareils d'électroménager », poursuit le patron.


Economies d'échelle

Le WPC se présente sous la forme d'un module électronique de 5 cm2. Son design est réalisé à Toulon, où l'entreprise emploie une vingtaine de personnes, et il est fabriqué par les fondeurs de silicium de Sophia Antipolis et de Grenoble. Pour envahir le marché évalué à plusieurs dizaines de millions d'unités par an, Watteco doit convaincre en Europe une dizaine d'équipementiers d'implanter la puce électronique. Outre qu'il doit contribuer aux économies d'énergie, le module est lui-même sobre (moins de 10 milliwatts de consommation) et peu onéreux (quelques euros l'unité, avec de forts effets d'échelle possible). « Nous avons déjà convaincu plusieurs d'entre eux et des solutions intégrées sont en développement avec un objectif de commercialisation pour 2010 », espère Eric Berthaud, qui assure que, entièrement équipé, un habitat résidentiel pourrait voir sa facture se réduire de 250 kW à 50 kW par an en moyenne.

Pour mettre au point sa technologie, Watteco a investi une dizaine d'années en recherche et 6 millions d'euros à l'occasion de deux tours de table avec des « business angels », dont un dirigeant d'EDF Energies Nouvelles et l'actuel président de l'entreprise, et les sociétés de capital-risque Schneider Ventures et Truffle Capital. Un nouveau tour de table est en cours de négociation pour apporter encore 6 millions d'euros à la recherche de solutions d'intégration poussées pour l'électronique grand public. Sur la base d'un chiffre d'affaires potentiel en forte croissance, car la start-up escompte des ventes de 5 millions d'euros en 2010, qui pourraient atteindre jusqu'à 40 millions deux ans plus tard.

> Download the Article :

download_white_paper_watteco

 

Copyright © 2012 Low Power networking solutions for automation and Smart Grid applications. All Rights Reserved.